HTA : Prévalence à la hausse avec les nouvelles normes de l’AHA 2017

HTA : Prévalence à la hausse avec les nouvelles normes de l’AHA 2017

L’hypertension artérielle (HTA) est une maladie caractérisée par l’élévation permanente de la pression du sang sur la paroi des vaisseaux sanguins (artères). Plus la pression artérielle est élevée plus le cœur doit travailler pour pomper le sang dans les vaisseaux et le distribuer à tout le corps. De ce fait, l’HTA est un facteur de risque majeur pour les accidents cardiovasculaires tels que l’infarctus du myocarde, l’insuffisance cardiaque et l’accident vasculaire cérébral. Chez les sujets sains, il est tout à fait normal que la tension artérielle s’élève lors d’une activité physique ou en cas de nervosité ou de stress. Cependant chez les sujets hypertendus la pression artérielle reste en tout temps augmentée même en état de repos et en dehors de toute situation de stress. L’hyperpression artérielle, à long terme, entraine une fragilisation des vaisseaux et un épuisement du cœur. Non traitée l’HTA peut endommager différents organes (cerveau, cœur, reins, yeux…).

Rappelons que la pression artérielle ou tension artérielle (TA) est mesurée en millimètres de mercure (mmHg) et qu’elle est composée de deux chiffres : la pression artérielle systolique (PAS) et la pression artérielle diastolique (PAD). La pression artérielle systolique (chiffre maximal) est la pression du sang lorsque le cœur se contracte pour éjecter le sang dans les vaisseaux. La pression artérielle diastolique (chiffre minimal) est la pression du sang lorsque le cœur se relâche pour se remplir de sang. A noter qu’après l’âge de 60 ans, la PAD diminue progressivement du fait de la faiblesse des vaisseaux sanguins du corps. La tension artérielle est mesurée par un tensiomètre.

L’hypertension artérielle est le plus souvent asymptomatique. La majorité des sujets qui en souffrent ne ressentent aucun symptôme et ceci même pour des chiffres très élevés. Pour cette raison l’HTA est dite tueur silencieux. Elle est souvent de découverte fortuite lors de la consultation du médecin pour un autre motif (problème). Parfois l’hypertension artérielle peut se manifester par quelques symptômes tels que les céphalées (maux de tête), les bourdonnements d’oreilles, les vertiges, l’essoufflement, les palpitations, les troubles de la vue (flou visuel), les épistaxis (saignement par le nez) et les fourmillements au niveau des pieds et des mains.

Dans 90% des cas l’hypertension artérielle reste d’étiologie (cause) inconnue, on parle alors d’HTA essentielle (HTA primaire). Plusieurs facteurs contribuent à l’installation de cette HTA essentielle. Parmi ces facteurs, dont les effets augmentent au fil des années, on trouve l’âge, le tabagisme, l’hérédité (prédisposition génétique), le stress, l’obésité, l’alcoolisme, la sédentarité et l’alimentation riche en sel. L’HTA essentielle apparait habituellement à partir de la cinquantaine mais ça n’empêche qu’elle peut se révéler un peu plus tôt. Dans les 10% restants (des cas) on arrive à déterminer une cause de l’HTA, on parle alors d’HTA secondaire. L’hypertension artérielle secondaire est la conséquence de différentes pathologies telles que les maladies endocriniennes (comme la maladie de cushing, l’hyperthyroïdie, le phéochromocytome et l’adénome de Conn), les maladies rénales (comme la sténose de l’artère rénale, les néphropathies et la tumeur à rénine). L’HTA secondaire peut aussi résulter de l’utilisation de certains médicaments comme les corticoïdes, les bronchodilatateurs, les anti-inflammatoires non stéroïdiens… La consommation de drogues telle que la cocaïne peut aussi provoquer une hypertension artérielle. Par opposition à l’HTA essentielle, l’HTA secondaire apparait le plus souvent chez un sujet jeune (avant l’âge de 40 ans).

A partir de quel chiffre tensionnel on parle d’hypertension artérielle (HTA) ?

Les valeurs tensionnelles sont précisées selon des normes internationales. Les anciennes normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Société européenne de l’hypertension (European Society of Hypertension) et l’Association américaine du cœur (American Heart Association (AHA)) définissent l’hypertension artérielle par une pression artérielle systolique (PAS) supérieure ou égale à 140 mmHg et/ou une pression artérielle diastolique (PAD) supérieure ou égale à 90 mmHg. La tension artérielle normale est définie par une pression artérielle systolique (PAS) inférieure à 120 mmHg et une pression artérielle diastolique (PAD) inférieure à 80 mmHg. Entre ces deux valeurs on parle de pré-hypertension.

En novembre 2017, l’American Heart Association (AHA) et l’American College of Cardiology (ACC) ont proposé des nouvelles normes tensionnelles. Les directives de l’AHA 2017 définissent l’hypertension artérielle par une pression artérielle systolique (PAS) supérieure ou égale à 130 mmHg ou une pression artérielle diastolique (PAD) supérieure ou égale à 80 mmHg. Cette nouvelle classification de l’AHA a éliminé le stade de pré-hypertension qui figure dans les anciennes classifications. Avec ces nouvelles directives l’abaissement du seuil tensionnel de 140/90 mmHg à 130/80 mmHg aurait pour conséquence une augmentation importante du nombre des sujets qui seront considérés comme hypertendus. Une question se pose : ces nouvelles normes américaines ne sont-elles pas exagérées ?


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