Alzheimer : emblématique de notre temps

Alzheimer : emblématique de notre temps

Malgré que la maladie d’Alzheimer a été décrite depuis 1906 par le neuropsychiatre allemand Alois Alzheimer, elle reste jusqu’à nos jours un problème majeur de la santé (à l’échelle mondiale).

Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative rare avant l’âge de 65 ans. C’est la cause la plus fréquente de démence dans le monde (=70% des cas de démences). Le syndrome démentiel est caractérisé par une détérioration des capacités cognitives (mémoire, raisonnement, langage, orientation, apprentissage…) et des fonctions d’exécution. L’ADI (Alzheimer’s Disease International) estime que 46,8 millions de personnes dans le monde ont une démence et que chaque année 10 millions nouveaux cas s’ajoutent. Avec le vieillissement de la population, qui est liée à l’amélioration de l’espérance de vie, ce chiffre est à la hausse d’ici 2050 le chiffre des sujets atteints de démences pourrait atteindre 131,5 millions (soit une augmentation de 3 fois).

La maladie d’Alzheimer représente une dégénérescence progressive des neurones (mort irréversible des neurones) qui intéresse en premier lieu l’hippocampe (partie du cerveau siège de la mémoire et du repérage dans l’espace) puis elle va s’étendre au reste du cerveau. De point de vue physiopathologique deux protéines (coupables) sont incriminées dans la génèse de la maladie d’Alzheimer : la protéine béta-amyloïde et la protéine Tau phosphorylée. Sous l’effet de multiples facteurs (génétiques, environnementaux) le peptide béta-amyloïde, normalement présent dans le cerveau, se dépose au fil des années entre les neurones formant ainsi ce qu’on appelle plaques amyloïdes. Ces plaques amyloïdes sont toxiques pour les cellules nerveuses, elles stimulent la phosphorylation de la protéine Tau (protéine de structure des neurones). L’agrégation anormale de la protéine Tau phosphorylée à l’intérieur des neurones entraine une modification de leur structure et leur dégénérescence (on parle de dégénérescence neurofibrillaire).

Maladie d’Alzheimer : Causes, Symptômes et Diagnostic

Les causes de la maladie d’Alzheimer sont encore mal connues. L’origine génétique constitue une de ces causes. Dans les formes familiales de la maladie d’Alzheimer (à transmission autosomale dominante) des mutations de 3 gènes ont été identifiées (gène préséniline 1 (chromosome 14), gène préséniline 2, gène APP (chromosome 21)). Le risque d’attraper la maladie d’Alzheimer est d’autant plus important que le sujet a un membre de la famille atteint (risque multiplié par trois si l’apparenté est du premier degré). En plus de cette prédisposition génétique, il y a d’autres facteurs qui augmentent le risque de survenue de la maladie d’Alzheimer tels que l’hypertension artérielle, le diabète, le stress, la sédentarité, le sexe (la maladie d’Alzheimer touche les femmes 2 fois plus que les hommes) et l’âge (plus on vieillit plus on risque de contracter une maladie d’Alzheimer).

La maladie d’Alzheimer évolue en trois phases : une phase pré-symptomatique, une phase pré-démentielle et une phase démentielle. Les techniques récentes d’imagerie cérébrales ont montré que les lésions cérébrales au cours la maladie d’Alzheimer s’installent 20 ans avant l’apparition des premiers symptômes (c’est la phase pré-symptomatique). La phase pré-démentielle correspond à l’apparition des premiers signes inauguraux de la maladie à savoir les troubles de la mémoire (amnésie), les troubles du langage avec perte de mots (aphasie) et les troubles des fonctions d’exécution mais le patient reste encore autonome. Au cours de la phase démentielle, le malade manifeste une aggravation importante de ses troubles mnésiques, une désorientation temporo-spatiale, des difficultés à réaliser des gestes et effectuer des mouvements (apraxie), des difficultés à reconnaitre les visages, les objets, les sons (agnosie) et des troubles du comportement et du l’humeur (irritabilité, dépression) voire des troubles psychiatriques (délires, hallucinations, troubles obsessionnels). Le malade perd peu à peu son identité, il n’est plus conscient de ces troubles et il n’est plus autonome. De ce fait la démence au cours de la maladie d’Alzheimer est considérée comme la principale cause d’inactivité et de dépendance chez les sujets âgés.

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est le plus souvent tardif. Pour poser ce diagnostic le médecin (neurologue, gériatre, interniste ou généraliste) a recours à des tests standardisés pour évaluer les capacités cognitives du patient tels que le mini-mental-state-examination (MMSE) (ou test de Folstein). Le MMSE est un questionnaire qui permet d’évaluer 6 éléments : l’orientation spatio-temporelle, l’état de la mémoire à court et moyen terme, l’attention, l’apprentissage, le raisonnement et le langage. Le malade va répondre à 30 questions posées par le médecin puis son mini-mental score sera calculé : stade léger si MMSE≥20, stade modéré si 10 ≤ MMSE < 20 et stade sévère de la maladie d’Alzheimer si MMSE < 10. Pour mieux étayer son diagnostic le médecin peut aussi recourir à l’imagerie cérébrale et à des tests neuro-psychométriques (exemple l’Alzheimer Disease Assessment Scale). L’imagerie cérébrale (scanner, IRM ou PET scan) permet de montrer les lésions cérébrales qui sont liées à la maladie d’Alzheimer (telle que l’atrophie du cortex cérébral) et d’éliminer des tumeurs du cerveau.

Maladie d’Alzheimer : Quels sont les traitements disponibles et que peut-on espérer ?

Plus d’un siècle a découlé depuis la première description de la maladie d’Alzheimer et elle demeure toujours incurable. Avec nos connaissances actuelles et malgré les multiples recherches, il n’existe toujours pas de traitement curatif qui permet de guérir de la maladie d’Alzheimer voire même de modifier son évolution de façon efficace. Au stade actuel, on guérit un cancer sur deux mais aucun malade Alzheimer. Le malade atteint de maladie d’Alzheimer décède en moyenne 10 années après le diagnostic. Tous les traitements médicamenteux disponibles sont des traitements symptomatiques qui évitent l’aggravation des symptômes. Parmi ces traitements, on cite les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase et les anti-glutamates. Il semble qu’une prévention adaptée (activité physique régulière, alimentation équilibrée, tension artérielle et glycémie contrôlées, stimulation intellectuelle et sociale) peut éviter un cas sur trois de maladie d’Alzheimer. Espérons que les nouvelles approches de thérapie cellulaire puisse un jour résoudre le problème thérapeutique de la maladie d’Alzheimer.


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